

À propos
Instrumentation
flûte/saxophone/voix/piano/violon/violoncelle/contrebasse
Commandé par
Ensemble Mêtis
Dédié à
Première
Scène alternative de l'Opéra national grec d'Athènes, 23 mai 2026
Concepteur de musique assistée par ordinateur
Éditeur
Note de programme
Dialog est composé à partir d’un poème de la poète américaine Claudia Rankine. Ce texte intime et fragmentaire constitue le point de départ poétique et émotionnel de l’œuvre. Il évoque un effondrement intérieur, une tension entre ce qui résiste et ce qui se désagrège, entre la conscience du corps et la possibilité d’une renaissance.
La pièce est également marquée par la puissance de l’univers visuel de Francis Bacon, dont les figures déformées, suspendues entre chair, violence et solitude, ont nourri l’imaginaire sonore de l’œuvre. À l’image des peintures de Bacon, Dialog cherche à révéler une présence humaine fragile et instable, parfois presque dissoute, prise dans un espace où les contours du corps et de l’identité commencent à vaciller.
À travers les états émotionnels suggérés par le texte — effondrement, résistance et transformation intérieure —, la musique explore un territoire entre illusion et réalité. Les instruments prolongent, déplacent et transforment le matériau vocal, comme si chaque son était l’écho d’une perception intérieure ou d’une mémoire sensorielle.
Dialog invite l’auditeur dans un espace-temps intime, instable et sensible, où la musique devient le lieu d’une confrontation avec soi-même : un dialogue entre présence et disparition, entre vulnérabilité et force, entre ce qui s’effondre et ce qui, malgré tout, continue de chercher une forme de vie.
Collapse
The collapse is within the life within.
There remains no real antidote
to the collapse except to collapse
without coming apart while coming apart.
The heart aches. Before another step,
absorb the texture of whatever is touched
when one touches down. The heart breaks.
Break up the muted call with its fractured o,
texture of whatever is touched
when one touches down. It’s never just
the hard familiar hit of ground.
There’s texture in whatever is touched
when one touches down. Resist
the frantic desire to undo our moment.
Resist the fear of one’s weight falling
into the texture of whatever is touched
when one touches down, even if
the whatever is whomever is touched,
all our selves broken apart,
all our vowels lost to consonants,
the r’s raging war, rousing the quiet
sinking a body’s want to rise up. Rise up.
Claudia Rankine

